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Dernière mise à jour : Mai 2018

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[REPRO-INNOV] Quelles évolutions des formes d’organisation du travail dans les exploitations agricoles françaises ?

Des résultats publiés en 2019 dans un ouvrage piloté par le Centre d’Études et de Prospectives

Ouvrage "Actif'Agri publié en 2019 par La Documentation Française
© La Documentation Française
Au-delà du constat d’une baisse continue du nombre d’actifs agricoles, quelles sont les évolutions en matière d’organisation du travail sur les exploitations agricoles ? Des scientifiques du projet REPRO-INNOV ont identifié cinq formes de mobilisation de la main-d’œuvre au sein des exploitations agricoles. Elles permettent de mettre en lumière des évolutions majeures entre 2000 et 2016 en lien avec l’éclatement du modèle « familial ». L’ensemble de ces résultats typologiques est détaillé dans le chapitre 1.1.3 de l’ouvrage paru en 2019 « Actif'Agri. Transformations des emplois et des activités en agriculture », rédigé sous la direction du CEP et édité par la Documentation française.

Contexte et objectifs de l'étude

La France a perdu en l’espace de 25 ans la moitié de ses exploitations agricoles. Pour celles qui demeurent, les travaux menés entre 2010 et 2014 dans le cadre du projet de recherche Agrifirme financé par l’Agence Nationale de la Recherche, montrent qu’elles se recomposent sous l’effet d’un double processus de tertiarisation et de financiarisation de l’agriculture, marqué par l’éclatement du modèle familial de l’exploitation agricole et l’émergence d’exploitations aux allures de « firme »[1]. Une des principales caractéristiques de ces formes nouvelles d’organisation de la production agricole est leur recours notable à une main-d’œuvre non familiale contractuelle. Impensées et peu visibles jusqu’à présent, ces mutations sont susceptibles d’impacter fortement les activités des coopératives en questionnant leur capacité à répondre aux besoins d’une diversité de formes d’exploitations qui coexistent à l’échelle d’un territoire. Pour cette raison, des chercheurs[*] impliqués dans le projet PSDR REPRO-INNOV se sont fixés pour objectif d’identifier et de quantifier plus précisément les différents types d’exploitations sur le critère des apports de main-d’œuvre et ce avec une attention particulière portée à la nature et à l’importance des différents types de mobilisation de la main-d’œuvre non familiale (salariat, sous-traitance des travaux, etc.). Ce travail s’est appuyé sur une démarche typologique originale et les données des recensements agricoles de 2000 et 2010. Appliquée ensuite aux données de l’enquête ESEA 2016 dans le cadre des travaux d’Actif’Agri [**] du CEP, la démarche a permis non seulement de dresser un portait actualisé des types d’exploitations selon les apports en main-d’œuvre, mais aussi de mettre en lumière des évolutions significatives entre 2010 et 2016 quant à l’évolution de l’organisation du travail sur une exploitation et un territoire. L’ensemble des résultats des typologies construites dans le cadre du projet PSDR puis d’Actif’Agri a été publié dans le chapitre 1.1.3 de l’ouvrage collectif « Actif'Agri. Transformations des emplois et des activités en agriculture » publié par La Documentation Française (disponible en ligne au lien ci-dessous).

Résultats majeurs de l'étude

Cinq types de mobilisation de la main-d’œuvre définis selon la nature et l’importance de la main-d’œuvre contractuelle, s’observent aujourd’hui en France. Leur existence met en lumière deux évolutions majeures de l’organisation du travail dans l’entreprise agricole entre 2000 et 2016.

De nouvelles formes d’organisation du travail témoins de l’éclatement du modèle familial

Parmi les cinq types de mobilisation de la main-d’œuvre, deux renvoient au modèle de l’exploitation agricole familiale caractérisée par une main-d’œuvre familiale majoritaire :

  • Type « famille ou exploitant seul » : ces exploitations reposent principalement sur la main-d’œuvre familiale. Elles sont les plus proches du modèle familial traditionnel à 2 UTA. Si en 2016, elles sont toujours majoritaires (72 % des exploitations), elles ne représentent plus que 50 % de la production brute standard (PBS) de l’agriculture et n’emploient plus que 51 % des UTA. Parmi ce type, le modèle à 2 UTA ne concerne d’ailleurs plus que 37 % des exploitations et 43 % de la PBS.
  • Type « famille et salariés » : ce sont des exploitations familiales qui ont recours à une main-d’œuvre extérieure salariée à côté du chef d’exploitation travaillant seul ou en famille. Ce type représente en 2016, 13 % des exploitations, 24 % de la PBS et 21 % des UTA.

A côté de ces deux types d’exploitations mobilisant une main-d’œuvre principalement familiale, la typologie distingue trois types qui reposent majoritairement sur une main-d’œuvre contractuelle :  

  • Type « salariés prépondérants » :  dans ces exploitations, le travail est apporté principalement par des salariés non familiaux. Ce type regroupe les exploitations les plus grandes en taille économique. Alors qu’elles ne représentent que 6 % des exploitations, leur poids économiques est important (15 % de la PBS et 18 % des UTA). On les trouve surtout dans les filières horticole, maraîchage et viticole.
  • Type « exploitants associés » : ces exploitations singulières correspondent à des associations d’exploitants non apparentés ou des associations d’au moins quatre exploitants familiaux. Il renvoie en partie à des formes associées à « l’agriculture de groupe », comme les regroupements d’exploitations laitières sous le statut société civile. Bien qu’il ne regroupe que 3,2 % des exploitations, ce type pèse pour près de 7 % de la PBS et emploie 6 % des UTA.
  • Type « délégation » : ces exploitations peuvent être aussi considérées comme des formes relativement singulières, dans la mesure où elles ont recours de manière notable à l’externalisation des opérations techniques de culture et d’élevage (et aussi dans certains cas l’ensemble de tous les travaux sur l’exploitation y compris la gestion économique et administrative) aux entreprises de travaux agricoles. Composées majoritairement d’exploitations de taille moyenne à grande, ce type représente environ 7 % des exploitations, 5,5 % de la PBS et 4,6 % des UTA. On trouve ce type principalement dans les filières grandes cultures et viticole.

La mobilisation de la main-d’œuvre sur les exploitations se transforme en profondeur

Le calcul de l’évolution des cinq types sur la période 2000-2016 met en évidence deux phénomènes majeurs :

  • Les chefs d’exploitation travaillent de moins en moins en famille et de plus en plus seul, ou en faisant appel au salariat. Le nombre d’exploitations qui s’appuient principalement sur la main-d’œuvre familiale a, en effet, très fortement chuté (- 37 % pour le type « famille ou exploitant seul »). La chute est particulièrement prononcée pour le type « binôme familial », le plus proche du modèle traditionnel à 2 UTA (- 49 %) ou encore pour les exploitations reposant sur la famille élargie (- 68 %). A l’inverse, les exploitations où le chef d’exploitation travaille seul se maintiennent plus ou moins (- 2 %) et celles où le chef d’exploitation travaille avec un salarié augmentent de 40 %.
  • Des formes relativement nouvelles d’organisation du travail se développent. C’est notamment le cas des exploitations reposant sur des associations d’exploitants, qui a fortement progressé de 79 % entre 2000 et 2016. Particulièrement présentes dans le secteur de l’élevage, l’hypothèse est que cette forme est motivée soit par un désir de réorganisation du travail afin d’améliorer les conditions d’exercice du métier d’éleveur, soit par des stratégies de développement d’activités connexes comme la méthanisation. L’autre forme singulière qui connaît un essor rapide est celle associée à l’externalisation notable des travaux à des entreprises de travaux agricoles, avec une augmentation de 53 % du nombre d’exploitations concernées entre 2000 et 2016[3]. Enfin, l’étude a révélé une hausse importante du nombre d’exploitations reposant sur un apport prépondérant de salariés permanents. Même si cette forme semble moins originale que les précédents, c’est en son sein que l’on trouve un certain nombre d’entreprises agricoles aux allures de « firme », avec un grand nombre de salariés permanents.

Ce travail visait à caractériser et à quantifier différentes formes de mobilisation de la main-d’œuvre sur l’exploitation agricole. Il a mis en évidence de formes qui tendent à s’éloigner du modèle familial traditionnel, et soulève, selon les chercheurs du projet REPRO-INNOV, des questions cruciales pour les organisations professionnelles comme pour les décideurs politiques. Celles-ci concernent notamment la définition du statut de l’agriculteur, l’organisation de la production agricole à l’échelle d’un territoire, ou encore l’élaboration de politiques adaptées à la diversité des formes d’exploitations… et méritent d’être regardées de plus près.

Méthodologie de l'étude

Les chercheurs[*] du projet REPRO-INNOV en collaboration avec le CEP se sont penchés sur les transformations contemporaines de l’organisation du travail dans les exploitations agricoles, associées à l’éclatement du modèle « familial ». Ils sont plus précisément intéressés par le repérage des formes d’organisation du travail qui s’éloignent du modèle traditionnel familial à 2 UTA.

  • Sur la base de travaux antérieurs de caractérisation des nouvelles formes d’organisation du travail, réalisés dans le cadre de l’ANR Agrifirme[2],
  • et en utilisant une méthodologie originale d’analyse statistique des données sur les structures agricoles (recensements agricoles de 2000 et 2010) qui permet d’isoler progressivement les différents apports de main-d’œuvre selon leur nature,
  • les chercheurs ont réalisé une typologie des exploitations agricoles selon la nature du travail fourni, qu’il soit présent sur l’exploitation (familiale et salariée permanente), sous-traité à l’extérieur (aux entreprises de travaux agricoles ETA et CUMA) ou encore reposant sur des associations d’exploitants qui s’éloignent du GAEC classique (entre parents et/ou enfants).
  • La démarche typologique élaborée a été ensuite reprise et adaptée aux données de l’enquête 2016 sur la structure des exploitations agricoles (ESEA), dans le cadre des travaux menés au sein du groupe de travail « Actif’Agri » piloté par le Centre d’Etudes et de Prospective (CEP) du Ministère de l’agriculture.

Les résultats finaux donnent ainsi à voir l’évolution des structures d’exploitation sur la période 2000 et 2016.  

 [*] Une étude de Bruno Legagneux, Geneviève Nguyen, Valérie Olivier et François Purseigle, enseignants-chercheurs de Toulouse INP-ENSAT / UMR INRAE-INPT Agir, avec l’appui d’Olivier Pauly (INRAE, UMR AGIR) et de José Ramanantsoa (CEP) (groupe Actif’Agri du CEP) pour respectivement le traitement des données du RA 2000 et 2010, et celui des données du ESEA 2016.

[**] Actif’Agri est un groupe réunissant une trentaine d’experts, qui ont travaillé ensemble pendant un an, en 2018, sous l’égide du Centre d’Etudes et de Prospective (CEP) du Ministère de l’agriculture, pour construire une analyse commune des transformations de l’emploi et des activités en agriculture.

PBS = Production Brute Standard, UTA = Unité de Travail Annuel

Références :

[1] Purseigle F. (dir.) (2012) Les agricultures de firme. 1-Organisations et financiarisation, numéro spécial Etudes Rurales, n° 190, 2012.

Purseigle F., Chouquer G. (2013) Les agricultures de firme. 2-Délocalisation et évictions, numéro spécial Etudes Rurales, n° 191, 2013.

Purseigle F., Nguyen G., Blanc P. (dir.) (2017) Le nouveau capitalisme agricole. De la ferme à la firme. Coll. Economie Politique, Presses de Sc. Po, Paris.

[2] Nguyen G., Purseigle F. (2012), « Les exploitations agricoles à l'épreuve de la firme : L'exemple de la Camargue », Etudes rurales, n° 190, p. 99-118.

Olivier-Salvagnac V., Legagneux B. (2012), « L'agriculture de firme : un fait émergeant dans le contexte agricole français ? », Etudes Rurales, n° 190, p. 77-97.

Olivier-Salvagnac V., Legagneux B. (2015), « Quand salariés et entreprises réorganisent le travail sur les exploitations », Travaux et Innovations, n°225, déc . 2015, p. 37-40.

Olivier-Salvagnac V., Legagneux B. (2017), « Quelle main-d’œuvre contractuelle dans les exploitations agricoles ? À la base de l’éclatement du modèle familial »‪. Économie rurale, 2017, n° 1, p. 101-116.

[3] Cf. les publications suivantes pour plus de détails sur les nouvelles pratiques et organisations de la sous-traitance et de la délégation intégrale en agriculture :

Nguyen G., Legagneux B. (2019) « Chapitre 1.2.2. Sous-traitance et agriculture : les recompositions en cours », In Forget V., Depeyrot J.-N., Mahé M., Midler E., Hugonnet M., Beaujeu R., Grandjean, A., Hérault B., 2019, Actif’Agri. Transformations des emplois et des activités en agriculture, Centre d’études et de prospective, Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, la Documentation française, Paris.

Nguyen G., Purseigle F., Brailly J., Legagneux B. 2020 (publication prévue en avril). « Sous-traitance et délégation du travail : marqueurs clefs des mutations de l’organisation de la production agricole », Notes et Etudes Socio-Economiques, Centre d’études et de prospective.

Voir aussi

Retrouvez toutes les interprétations détaillées de cette étude aux pages 26 à 29 de l’ouvrage  « Actif'Agri. Transformations des emplois et des activités en agriculture »  téléchargeable dans son intégralité en cliquant ici. Cet ouvrage est issu d'un travail piloté par le Centre d’Études et de Prospectives (CEP) du Ministère de l’Agriculture et de l'Alimentation. Il a été publié par La Documentation Française en juin 2019.

Pour citer ce chapitre d'ouvrage :

Legagneux B., Nguyen G. 2019. « Chapitre 1.1.3. Comment la mobilisation de la main-d’œuvre change-t-elle dans les exploitations ? » In Forget V., Depeyrot J.-N., Mahé M., Midler E., Hugonnet M., Beaujeu R., Grandjean, A., Hérault B., 2019, Actif’Agri. Transformations des emplois et des activités en agriculture, Centre d’études et de prospective, Ministère de l’agriculture et de l’alimentation, la Documentation française, Paris, pp. 26 à 29.