Projets eco-innovants REPRO-INNOV
Eco-innovation en agroalimentaire

Agroalimentaire : quels facteurs favorisent l’innovation environnementale dans le milieu rural ?

Publié en octobre 2019, le tout nouvel article du projet REPRO-INNOV, autour des projets agroalimentaires « éco-innovants » dans les territoires ruraux, montre que le rural est un lieu d’innovation qui voit de nouveaux projets se créer. Grâce à l’étude de 5 d’entre eux, en Occitanie, l’équipe de REPRO-INNOV met en avant les facteurs de succès et les difficultés rencontrées pour l’émergence et le développement de ces projets.

CONTEXTE 

L’innovation est fortement présente dans les secteurs agricoles et agroalimentaires et se traduit par des évolutions de la production agricole, des processus de transformation et des circuits de distribution, notamment sous l’effet des évolutions de la demande des consommateurs. L’émergence de nouveaux projets agroécologiques, proposant de nouveaux produits et reposant sur un rapprochement des activités de production et transformation, voire distribution est particulièrement représentative de ces dynamiques d’innovation.

Cette étude vise à mieux comprendre les facteurs favorables à l’émergence et au développement de ces nouveaux projets en milieu rural, pourtant réputé peu propice à l’innovation du fait de la faible densité et diversité de partenaires économiques potentiels, de l’éloignement des centres de recherche, etc…

Pour cela, nous avons étudié le développement de 5 projets agroalimentaires éco-innovants en Occitanie, à partir d’entretiens menés auprès d’acteurs clés de ces projets. L’analyse s’intéresse non seulement aux ressources internes à l’organisation, mais aussi particulièrement aux ressources externes, c’est-à-dire celles dont ne dispose pas l’organisation qui innove et qu’elle se procure tout au long du processus d’innovation.

RÉSULTATS CLÉS

  • Les ressources locales c’est-à-dire déjà présentes sur le territoire sont fortement mobilisées en phase de genèse de ces nouvelles activités. Ces territoires à faible densité recèlent donc bien des ressources pour l’innovation, même si elles ne sont pas suffisantes.
  • Des ressources plus éloignées géographiquement (aux niveaux régional et national) sont nécessaires au développement des projets étudiés.
  • Les réseaux personnels des porteurs de projet (liens avec d’autres acteurs locaux ou plus éloignés du territoire) ont un rôle déterminant : pour l’acquisition de connaissances nécessaires à la recherche et au développement, pour accéder à des conseils et de la formation et pour recruter de la main d’œuvre.
  • Les acteurs institutionnels (acteurs publics et organismes professionnels) ont un rôle important : ils apportent des ressources financières, des connaissances, et favorisent la mise en relation d’acteurs en particulier à l’échelle régionale. Ces acteurs jouent donc un rôle plus important que celui de simples régulateurs de l’activité.

Les originalités de cette étude

Au-delà de ces résultats, ce travail repose sur trois apports originaux :

  • L’adaptation des « narrations quantifiées », une méthode mixte de recueil et d’analyse de données issue de la sociologie économiques,
  • Une analyse dynamique du processus d’innovation qui permet de comprendre comment évolue son lien au territoire local,
  • Le croisement des cadres de l’économie et de la géographie de l’innovation avec une adaptation à une échelle plus micro-économique du concept de variété reliée.

Pour citer cet article 

D. Galliano, A. Gonçalves et P. Triboulet « Theperipheral systems of eco-innovation: Evidence from eco-innovative agro-food projects in a French rural area », Journal of Rural Studies, 2019, 72, 273-285.

Voir aussi

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Date de modification : 08 juin 2023 | Date de création : 18 novembre 2019 | Rédaction : Amélie Gonçalves